La phrase a été diffusée sous l'autorité de la Cour internationale de Justice. Le service qui l'a rédigée est le Greffe. Le communiqué de presse n° 2026/24, daté du 22 septembre 2026, porte la mention « non officiel », et le texte lui-même précise que les communiqués de presse de la Cour « sont préparés par son Greffe à des fins d'information uniquement et ne constituent pas des documents officiels ». Une circulaire du Greffe n'est ni une ordonnance, ni un arrêt, ni une décision constatant que quiconque a commis un génocide.
Ce qu'est réellement ce retrait
L'avis prend acte d'un fait de procédure : le 18 septembre 2026, la Colombie a informé la Cour qu'elle retirait la déclaration d'intervention déposée le 5 avril 2024 en vertu de l'article 63 du Statut. Dans ce même communiqué, le Greffe explicite cet article. L'article 63 « confère aux États non parties à un différend le droit d'intervenir dans une instance lorsque celle-ci concerne l'interprétation d'une convention à laquelle ils sont également parties » ; l'interprétation donnée ultérieurement par la Cour lie alors l'intervenant. Il s'agit de l'interprétation du texte d'un traité. Pas d'une jonction d'instance en tant que codemandeur. Pas d'une constatation de la responsabilité d'un État. Le nouveau gouvernement colombien a simplement annulé une démarche engagée sous l'ère Petro. The Jerusalem Post a rapporté que le ministre des Affaires étrangères Gideon Sa'ar a remercié le président Abelardo De la Espriella pour son « retrait de la plainte fausse et malveillante de l'Afrique du Sud contre Israël devant la CIJ, déposée durant l'ère antisémite de Petro ».
Voilà tout ce que fait la phrase du dispositif. Elle ne juge pas le fond. Elle ne compte pas les corps. Elle ne transforme pas la requête de l'Afrique du Sud du 29 décembre 2023 en une condamnation.
Ce que l'intitulé est censé faire
Le Greffe continue pourtant de situer ce retrait dans le cadre de « l'affaire relative à l'Application de la convention pour la prévention et la répression du crime de génocide dans la bande de Gaza (Afrique du Sud c. Israël) ». Cet intitulé n'est que le titre de rôle donné par la partie demanderesse. Plus loin dans la même notice, le Greffe qualifie lui-même la requête sud-africaine comme portant sur « de prétendues violations par Israël de ses obligations au titre de la Convention sur le génocide ». Prétendues. Cette formulation présente l'accusation de génocide comme le sujet établi de la Cour. Ce que le dossier ne fait nullement. L'Afrique du Sud a demandé à la Cour de « dire et juger » qu'il y a eu des violations. La Cour ne l'a pas fait.
Dans l'ordonnance du 26 janvier 2024, la Cour statuait sur une demande en indication de mesures conservatoires. Le résumé 2024/1 de la Cour rappelle que l'Afrique du Sud sollicitait ces mesures « en attendant que la Cour se prononce sur le fond de l'affaire ». La Cour a indiqué des mesures. Elle ne tranchait nullement alors la question de savoir si Israël avait violé la Convention sur le génocide. Cette question relève de l'examen au fond. Des mesures conservatoires ne constituent pas un jugement au fond. Une notice de greffier de 2026 actant le retrait d'un intervenant au titre de l'article 63 ne comble pas l'absence de jugement.
Ce que la section historique passe sous silence
L'« Historique de la procédure » dans le communiqué 2026/24 débute le 29 décembre 2023 avec la requête de l'Afrique du Sud. La guerre a pourtant éclaté le 7 octobre 2023, lorsque des terroristes dirigés par le Hamas ont assassiné plus de 1 200 personnes et en ont enlevé 251, rappelle Tsahal. Le Hamas, le régime terroriste islamiste contrôlant Gaza, a planifié et exécuté ce massacre. Le bulletin du Greffe ne mentionne même pas le Hamas comme auteur de l'attaque ayant déclenché la campagne que l'Afrique du Sud a ensuite qualifiée de génocide. Il traite l'histoire des faits comme une simple affaire judiciaire.
Le Hamas n'est pas un État partie devant la Cour. Les dernières lignes du communiqué rappellent aux lecteurs que la Cour règle les différends qui lui sont soumis par des États. Pourtant, l'avis continue de diffuser l'intitulé sud-africain comme si une intervention retirée n'était qu'un document de plus dans un dossier de génocide qui n'a jamais été jugé. Ils ont utilisé une circulaire non officielle du Greffe en guise de substitut à une condamnation.